“Le Nez” de Gogol

Une voix. Un saxophone.
C’était en juin. Une belle lecture en musique avec mon ami Didier Marin, comédien, qui a enchanté de sa lecture expressive ce texte pour le moins original…

Une lecture c’est facile à préparer: il suffit d’avoir un espace et du public, nous pouvons venir n’importe où vous proposer cette expérience unique et ce texte mystérieux! Et nous serions ravi de remettre ça!

À bon entendeur…

“Le 25 mars, il se passa à Saint-Pétersbourg un événement extraordinairement bizarre. Le barbier Ivan Iakovlievitch (…) s’éveilla d’assez bonne heure et fut aussitôt frappé par une odeur de pain chaud. Se levant un peu sur son séant, il s’aperçut que son épouse, matrone très respectable, qui avait un goût prononcé pour le café, sortait du four des pains fraîchement cuits.

– Praskovia Ossipovna, lui dit Ivan Iakovlievitch, je ne prendrai pas de café aujourd’hui, parce que j’aime mieux déjeuner avec du pain chaud et de l’oignon (c’est-à-dire qu’Ivan Iakovlievitch aurait préféré l’un et l’autre, mais il savait qu’il lui était absolument impossible de demander deux choses à la fois, Praskovia Ossipovna ne tolérant jamais semblables fantaisies).

« Qu’il mange du pain, l’imbécile, se dit en elle-même la digne matrone, ce n’en est que mieux pour moi, j’aurai un peu plus de café. »

Et elle jeta un pain sur la table.

Ivan Iakovlievitch, par respect pour les convenances, endossa un vêtement par-dessus sa chemise et, ayant pris place à table, posa devant lui deux oignons et du sel ; puis, s’emparant d’un couteau, il se mit en devoir de couper le pain. L’ayant divisé en deux, il jeta un regard dans l’intérieur et aperçut avec surprise quelque chose de blanc. Il y plongea avec précaution le couteau, y enfonça un doigt :

« C’est solide ! fit-il à part soi, qu’est-ce que cela pourrait bien être ? »

Il enfonça encore une fois les doigts et en retira… un nez !…”

 

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